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Le cloud est-il green ?

Tristan Labaume, Président de l'AGIT

Tristan Labaume, Président de l'AGIT

Difficile de s'y retrouver parmi les bonnes (et les moins bonnes !) raisons qui font du cloud computing un artisan du "Green IT". En effet, les acteurs du cloud computing avancent généralement un argument environnemental massue : la mutualisation, véritable graal de la meilleure gestion des ressources. Effectivement, les technologies de l’information et de la communication ont de nombreux impacts sur l’environnement, qu’il s’agisse de l’extraction des métaux précieux contenus dans les équipements informatiques, des consommations énergétiques de ces équipements et de leur fabrication, des centres de données et infrastructures réseaux ou encore des pollutions générées par la fin de vie des équipements s’ils ne sont pas traités correctement. Mais est-ce si simple ? Pas si sûr...

Le cloud serait vert car il permet de réduire le nombre d'équipements

Pas toujours car d’une part, le serveur virtuel, aussi peu énergivore soit-il, repose bel et bien sur des infrastructures physiques, et d’autre part, le taux d’utilisation du serveur physique associé n’est pas immédiatement à un niveau optimal... De plus, il génère une forte augmentation des besoins en télécoms : bande passante (du datacenter et du client), équipements, redondance des accès.... Il faut donc préférer des datacenters proposant des services de monitoring énergétique et une analyse des usages des ressources informatiques.

Le cloud serait vert car il évite copies et stockages inutiles

Oui, le phénomène de copie et archivage se réduit... mais un incroyable effet rebond s'invite: la facilité de déploiement incite à stocker toujours plus d'informations (historiques plus longs, données plus détaillées, etc...). Résultat: le volume des données stockées explose. Par ailleurs, les serveurs d’origines ne sont pas systématiquement décommissionnés après la migration des données vers le cloud. Mieux vaut donc éviter la virtualisation "anarchique" qui génère un défaut de transparence sur le stockage des informations et le maintien de serveurs "fantômes". Concernant le stockage, faire appel à des outils de déduplication des données et imposer des quotas sur la consommation des ressources (stockage et capacité de calcul).

Le cloud serait vert car il réduit l'empreinte gaz à effet de serre des collaborateurs

C’est vrai,  en moyenne, un collaborateur réalisant une journée de télétravail par semaine réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 220 kg équivalent CO2 / an. Dans tous les cas, une dynamique globale de dématérialisation des postes de travail et de rationalisation du parc informatique, associée à un pilotage énergétique et un choix d’équipements à haute efficience énergétique permettent de réduire durablement l’empreinte environnementale du SI.

Le cloud serait vert car il permet de piloter sa consommation d'IT pour l'optimiser

Malheureusement, la granularité de facturation des services en fonction de l'utilisation (ex : combinaison du volume stocké, de la durée d’utilisation, du transit internet, etc....) rend le modèle économique difficilement prédictible. La mesure détaillée, réalisée de facto par le fournisseur pour sa facturation, devrait donc être corroborée par l’usage réel de l’utilisateur (même avec des mesures fines a posteriori) pour optimiser l’usage des ressources.

Le cloud serait vert car, côté client, il évite l'investissement pour les usages de pointe

Effectivement, le cloud convient à beaucoup de services Informatiques qui réclament ponctuellement une charge très supérieure (sites E-commerce à Noël...). L'un des grands avantage du cloud : une dépense énergétique et en investissement informatique adaptés au juste besoin pour l’entreprise utilisatrice. Il faut néanmoins s’assurer que l’usage soit conforme aux prévisions.

Le cloud serait vert car, côté datacenter, il mutualise les besoins ponctuels de puissance

Faux ! L’externalisation dans un cloud repose nécessairement sur un contrat de service qui inclut généralement une grande exigence de disponibilité et donc un niveau de redondance élevé. L'exploitant du datacenter ne pouvant prendre de risque contractuel, préfère surdimensionner largement son outil de travail. Corolaire : les fournisseurs de services cloud multiplient les pratiques commerciales et marketing visant à rentabiliser au maximum leur investissement en incitant leurs clients à la consommation (tarifs dégressifs, discount sur les ressources non utilisées, etc.). Dans ces conditions, préférez un hébergeur disposant d’un datacenter modulaire et idéalement respectant les préconisations du Code of Conduct for Datacenter (EU CoC for DC).

Le cloud serait vert car il utilise des datacenters efficients énergétiquement

Souvent vrai du fait de la taille des opérateurs et de l’engagement de service associé, les services cloud sont hébergés dans des datacenters de haut niveau ce qui suppose une efficacité énergétique meilleure, à disponibilité équivalente, que les petits datacenters des entreprises. Mais le PUE moyen des datacenters récents tourne autour de 1,5 contre un PUE moyen de 2,11 pour les datacenters existant en Europe en 2013. Assurez-vous de la pertinence du couple PUE et TIER de son fournisseur.

Le cloud serait vert car socialement bénéfique

Encore faut-il que ces bénéfices ne soient pas compensés par des impacts négatifs (multiplication des appareils informatiques, multiplication du nombre d'interlocuteurs, etc.). Par ailleurs, l'externalisation partielle ou totale d’un SI soulève des enjeux RH : pour les équipes internes (évolution des expertises, vision stratégique du SI, etc.), et celles du fournisseur (lieu et condition de travail, etc.). De plus, il n’est pas démontré que le télétravail se traduise par une amélioration de la qualité de vie, notamment du fait de l’accroissement des heures travaillées et de la limite plus floue entre vie professionnelle et vie privée. Il faudrait prendre en compte l’impact potentiel du passage au cloud sur ses collaborateurs, notamment les équipes IT, pour éviter un stress accru pour les équipes non préparées et une baisse de qualité de l’expérience utilisateur. L'acceptation des collaborateurs quant au télétravail doit aussi être considérée...

Le cloud serait vert car il ajuste ses moyens à vos besoins

Oui mais la capacité de calcul et de stockage quasiment sans limite peut donner l’illusion d’une capacité infinie à l’utilisateur qui se retrouvera ainsi débridé dans son utilisation. Alors qu'un SI interne peut se permettre de tempérer les usages avec des arguments réels (techniques, économiques et/ou écologiques), l'opérateur de cloud présente simplement sa facture à postériori. La solution ? Responsabiliser l’utilisateur par des indicateurs visibles sur son interface, relatifs à la facturation ou à l’impact de ses demandes. En effet, ce lien utilisateur-machine peut être préservé grâce aux capacités de mesures avancées des infrastructures cloud.

Le cloud serait vert car tout le monde le dit !

Le cloud est écolo, c'est évident ! Du coup pas besoin d’indicateurs tels que le PUE, le CUE, ou une quelconque certification.... Sauf qu'un argument environnemental doit être renseigné, vérifiable, utile, pertinent, exact. Ces indicateurs sont complexes à décrypter et peuvent être détournés à des fins commerciales. Gare au Greenwashing.

Plus conclure, il manque au cloud des référentiels communs pour les opérateurs : 
des modèles de mesure et des outils d’évaluation (méthodes, indicateurs, etc.) ; et pourquoi pas  un bonus/malus écologique ? A défaut une réglementation contraignante ou incitative paraît souhaitable. 
De plus, n'oubliez pas l'éco-conception des logiciels : au-delà des bénéfices infrastructurels et opérationnels, l’efficience de la brique logicielle et de son éco-conception est essentielle pour réduire les impacts environnementaux et sociaux d’un système d’information. 
Enfin, comme tout changement de paradigme, le passage au cloud doit prendre en compte les impacts environnementaux, mais aussi sociaux afin que ce nouveau modèle soit réellement durable.

Convaincu ? Rejoignez l’Alliance Green IT pour contribuer au débat et contribuer à promouvoir des valeurs durables, objectives et partagées !

Tristan Labaume – Greenvision

Sofiann Yousfi-Monod  – D2SI

Caroline Vateau - Neutreo